• 16 - Dimanche soir

     Lorsque j’ouvre les yeux, il fait nuit noire. Un bref coup d’œil à ma montre me confirme qu’on est plus proche de minuit que d’onze heures. Bordel ! Je ne sais même pas où je suis. La journée d’hier est confuse dans ma tête. Sensation de malaise, de fatigue, de chaleur insupportable. Et la lumière du soleil semblait me brûler même à travers de mes trois épaisseurs de vêtements. Qui m’embarrassent d’ailleurs. Je me débarrasse avec volupté de ma doudoune. Je me sens tellement bien maintenant, comparé à ces derniers jours. Tout me semble plus évident, tout coule de source. Je me suis planqué au cœur du parc, sous les buissons les plus épais. Un doux murmure parvient à mes oreilles. Le même que toutes ces nuits. Mais cette fois, je le comprends.

    « Viens, Sandro ! Viens à moi ! »

      Je perçois un léger mouvement aux confins de mon champ de vision. Une ombre furtive que j’aurai dû découvrir plus tôt si je m’étais vraiment concentré. Surtout que… Il n’y a pas un réverbère dans le coin et j’y vois comme en plein jour. Ce doux parfum…

    Je me lève instantanément pour suivre cette fragrance qui ne m’est pas inconnue.

    Elle m’attend, tranquillement assise sur un banc public. Eleonore.

    16 - Dimanche soir

     « Bonjour, Sandro. Maintenant, on va pouvoir être ensemble ! »

    J’ai l’impression qu’un voile de brume se déchire enfin. Tout me revient.

      Ce fameux soir. Au bar. Je suis resté plus longtemps que les autres. Je me sentais bien. Dès que Paul est parti, je l’ai vue. Seule à sa table. Fascinante. Et qui me dévorait de ses yeux gris pâle. Je lui ai offert un verre. On a discuté. Elle semblait tour à tour gênée et exubérante. On a dansé. Son parfum m’a envoûté. On s’est embrassé. Je n’avais qu’une envie, l’emmener chez moi, chez elle, où elle voudrait. Elle m’a souri en se blottissant dans mes bras. Je l’ai invitée à prendre un dernier verre. Ses yeux se sont mis à briller mais elle a hésité. J’ai insisté.

    « Alea jacta est ! » a-t-elle murmuré avant de prendre ma main. Dans le parking, elle a voulu m’enlacer, m’a embrassé doucement dans l’épaule. J’étais au Paradis. Je le lui ai dit. Puis le baiser est devenu morsure. Elle a étouffé d’une caresse mon cri mêlé de douleur et d’extase. Avant de me ramener chez moi.

    « 15 - Dimanche matin17 - Epilogue »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :