
Lorsque j'ouvre enfin les yeux, je suis entièrement nue! Je frissonne et un cri d'effroi m'échappe. Assises de part et d'autre de la couche où je suis étendue deux silhouettes étranges se font face. Grandes, quasiment deux fois plus grandes que moi. Revêtues de ce qui semble un scaphandre vert émeraude luisant. Munies de deux paires de bras... Bon sang, où suis-je tombée? Je crois que c'est le moment ou jamais de paniquer. Je m'assieds brusquement, arrachant au passage des tuyaux reliés à mes poignets. L'une des créatures tend un bras vers moi. Je m'apprête à frissonner à son contact, mais bien au contraire toute la tension qui m'habite retombe. Whoah! Il devrait commercialiser son truc ce gars-là. Gars? Comment puis-je être si sûre qu'il s'agit d'un gars. Et l'autre une femme... Femme? Chose... Être...
« Ikoans »
Le nom résonne dans ma tête, mais aucun son n'a été prononcé. Mon regard va de l'un à l'autre. Je ne distingue pas leurs visages allongés derrière l'écran noir des scaphandres. A quoi peuvent-ils ressembler? Six membres, comme des insectes géants? A peine la tension commence-t-elle à s'emparer de moi que l'un des deux m'effleure. Myla. Elle s'appelle Myla. L'homme c'est Tyli. Ce ne sont pas des insectes... Plutôt des reptiliens. Visage un peu triangulaire... Yeux rouges... Ce qui s'en rapproche le plus dans notre monde ce sont les dragons en fait... Leurs membres supplémentaires sont de grandes ailes fines que le scaphandre dissimule.
Est-ce de la télépathie? Pas exactement, vu que les informations affluent dans mon cerveau comme si elles surgissaient de ma mémoire. Pourtant... Ils viennent d'une planète tellement lointaine qu'aucun de nos télescopes n'a encore eu la puissance nécessaire pour la découvrir. Leur technologie est tellement plus avancée que la nôtre, qu'ils n'ont aucune difficulté à passer inaperçus de nos radars. Ils ont pourtant besoin de nous. De notre sang. Une terrible maladie décime leurs rangs. Ils cherchent une protéine que seules les cellules sanguines de certains humains peuvent synthétiser. J'en fais partie. Ils ont dû m'endormir le temps que les impuretés qui polluaient mon sang disparaissent... Je rougis en songeant à tout ce que j'ai ingurgité.
Pendant qu'ils m'informaient, ils m'ont délicatement rallongée, et j'ai tendu les bras pour qu'ils remettent en place leurs tuyaux. Leur gratitude m'envahit. Leur soulagement aussi. Je ferme doucement les yeux. Je suis bien.