Elle claqua bruyamment la porte. Sélène alluma la vieille chaine hi-fi qui démarra sur le dernier CD de son groupe de rock préféré et tourna le volume. Pas pour énerver encore plus sa mère. Mais pour masquer ses sanglots. « Ecouter la musique trop fort provoque des risques de déficience auditive prématurée. »
« Rien à faire, au moins, si je deviens à moitié sourde, je n’entendrais plus les vacheries d’Hayden. »
Elle se jeta sur son lit, enfouissant son visage dans la couette moelleuse. Et ses larmes coulèrent, suivant le rythme de la musique. Elle augmenta encore un peu le volume, jusqu'à son maximum.
Personne ne devait entendre ses pleurs. Encore moins son frère. Car pour lui, ça serait le summum de la victoire. Elle ne voulait pas lui faire se plaisir. Elle ne voulait pas qu'il sache qu'il avait réussi... Elle ne voulait pas qu'il sache qu'il était très fort à ce jeu... Elle ne voulait pas qu'il sache qu'il lui faisait du mal.
La musique la pénétrait jusqu'à l'intérieur. La basse lui tambourinait la tête. Encore une fois, elle était vaincue. C'était devenu une routine pour Sélène. C'était à présent sa routine. Et elle voulait en sortir... Son cœur s'asphyxiait. Ses larmes laissaient derrière elles des traînées humides sur ses joues.
Elle ferma ses paupières. Les larmes redoublèrent. Sa respiration saccadée l'énerva encore plus. Elle sanglota comme une enfant perdue. C'était déjà trop tard pour s'arrêter.

« Quand est-ce que tu cesseras... Quand est-ce que tu me montreras un peu d’amour... Qu’est-ce que je peux faire à part attendre ? »