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05

Bryce se souvenait clairement de la première fois où il avait vu Carolyn.
Cette rencontre qui devait le changer à jamais. Elle l’avait façonnée. Elle avait fait de lui ce qu’il était. Plus encore, elle était une véritable raison de vivre. La seule.
Il venait d’être nommé Capitaine de la police des airs et des frontières.
Il venait d’effectuer sa première descente dans les bas fonds.
Il venait de vivre sa première poursuite au milieu de ces pirates qui s’étaient éparpillés comme une volée de moineaux en le voyant débarquer avec ses hommes.
C’est elle qu’il avait suivi.
Il ignorait encore qui elle était.
Il lui avait juste semblé, lâchement, que comme elle était une femme, il lui serait plus facile de l’attraper.
Mais c’est elle qui s’était laissée prendre. Il ne le sut pas immédiatement, mais la suite lui prouva qu’elle s’était laissée prendre. Pour mieux le fuir. Se l’attacher.
Sans doute curieuse de découvrir le visage de celui qui venait de remplacer le vieillard qui ne savait plus traquer que les grues et les goélands à travers les nuages. Celui dont elle n’avait entendu encore que le nom.
Elle s’était arrêtée devant ce bâtiment. Au milieu de cette place. Elle l’avait regardé. Toisé même. A peine essoufflée. Avec ce regard pénétrant qu’il ne devrait plus jamais oublier.
Elle était le vent. Le vent qui se laisse capturer l’espace d’un instant pour mieux vous enivrer. Pour mieux vous échapper.
Et de sa bouche balafrée, elle fit naître un sourire.
 
- Bonsoir, Bryce des Jardins aux Oiseaux.
Ce furent là ses seuls mots.  Ces mots qui se ritualiseraient. Bientôt. Entre eux. Comme un code qui se garde en secret pour préserver un instant à la fois tendu et précieux. L’appel à l’intimité.
Alors elle s’était approchée de lui. Si près qu’il avait pu sentir le parfum qui imprégnait sa peau. Celui de son souffle qui avait caressé sa bouche. Avant de  la voir s’enfuir au moment où il avait senti ses mains courir le long du corset brun qui laçaient finement sa taille. Sans pouvoir les retenir.
Il y avait dans son œil unique une flamme qui lui avait fait comprendre à cette seconde la seule chose qui désormais les attachait l’un à l’autre.
Il était aussi devenu sa raison de vivre.
Il n’existait que parce qu’il était destiné à la pourchasser.
Elle n’existait que parce qu’il allait la rechercher.
Leurs destins venaient de se lier.
Et ils savaient tous deux que le jeu ne faisait alors que commencer.

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A
Sensualité et complexité... une relation bien intrigante... Hé voilà je m'égare encore...
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J
akura a raison, leur relation est très très intrigante ! et cette image avec la dirigeable : j'adore !!
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