
Le cœur serré, j’observe une dernière fois Morgane dans son dernier sommeil, avant que les employés des pompes funèbres ne ferment le cercueil. Je n’aurai pas dû. Ce n’est pas ce souvenir–là que je veux garder au fond de moi, mais celui de la danseuse enjouée, de l’amoureuse passionnée car elle l’était j’en suis persuadé… Peu m’importent les paroles venimeuses qu’elle m’a lancées ce jour-là… Je ne sais pas pourquoi, mais je suis sûr qu’elle ne les pensait pas. J’entends encore le rire narquois de Coriolan hier soir quand je le lui ai affirmé… Mais il ne peut pas comprendre lui… Pas encore…
Je ferme les yeux très fort. Un flash me revient… Cet après-midi d’été, où elle avait accepté d’emménager chez moi…

Je veux oublier cette poupée de cire figée que l’on emporte dans une boîte de bois. Je ne sais même pas si c’est ce qu’elle aurait voulu…
Mon téléphone vibre lorsque je rejoins ma voiture. Le temps que je l’extraie de ma poche, il s’arrête. Je fronce les sourcils. Encore ce numéro ! J’ai effacé un premier message par erreur, il y a deux jours, et hier soir chez Coriolan, je ne l’ai pas entendu non plus. Ça m’embête mais je réglerai ce problème plus tard. La pire épreuve m’attend et je vais devoir faire face. Seul.