Tu n’as pas respiré.
J’ai respecté ton choix.
Et des abimes de ma mémoire j’entends encore mon hurlement étranglé dans la maternité. Pour tous ceux qui tentaient de te ranimer.
« Laissez le partir !».
Mes larmes se sont taries depuis cinq ans. Je n’ai fait que me protéger. Après avoir tellement pris soin de toi, en moi, c’est moi que j’ai voulu protéger. A travers toi. Et la douleur est si sèche qu’elle me brule dans son entier. J’ai cessé de respirer avec toi, ce matin là.
Tu étais mon miracle.
Tu étais ma chair.
Tu étais mes espoirs...
Tu étais ma douleur...
Permets à mes larmes de me nettoyer de ma culpabilité.
Permets-moi de croire que j’ai bien fait.
Permets-moi enfin de pleurer.
J’ai respecté ton choix.

Pardonne moi.
Je t’aime.
Ta maman