
Il se tenait debout. Près de cette fenêtre dont le carreau n’avait plus qu’une transparence trouble et brumeuse. Envahi de la fumée qui se collait avec la poussière entre chacune des fibres du verre. Prisonnière.
Il était nu encore. Le corps moite de cette nuit sans sommeil qui restait imprimée sur sa peau avec cette culpabilité, cette fièvre. Cette odeur. Il pressa plus fort le papier qu’il tenait entre ses doigts. A le déchirer.
Bryce esquissa un sourire léger. Presque un rictus. De son visage d’ange, qui gardait la candeur trompeuse des traits de l’enfance, brillait un regard noir qu’il jeta une dernière fois au-delà des nuages.
Il déposa un baiser sur la boule de papier que la moiteur de sa main désagrégeait mollement. Mais, un enfant, cela faisait des années qu’il n’en était plus un. D’un geste vif et routinier, il la lança dans les braises rougeoyantes de la cheminée. Effaçant les quelques mots qu’elle avait griffonnés. Les mêmes. Toujours. En attendant que l’on vienne cogner à sa cabine... En attendant de retrouver les restes épars de ses vêtements que la veille avait égarés... En attendant une nouvelle taverne... Une nouvelle descente...
« Attrape-moi si tu peux,
Bryce des Jardins aux Oiseaux... »