Mano resta seul face au démon tandis que les sorcières s’efforçaient de purifier le sang et l’âme d’Elyandra.
« Pourquoi as-tu fait cet étrange choix, Chasseur ? Crois-tu être insensible à mon pouvoir ?
Il ne cilla pas, malgré la gigantesque faux acérée apparue entre les mains de Sangaruk
- Je sais juste que tu as pris possession par un maléfice de mon Elyandra. Et qu’accessoirement tu comptes détruire l’Humanité. Peut-être est-ce suffisant à mes yeux pour tenter de m’opposer à toi !
- En vain, Chasseur. Vois l’étendue de ma puissance désormais ! »

Le démon tendit les bras vers Mano qui ne cilla pas. C’était l’instant de vérité. Le Chasseur sentit le flux de magie noire se précipiter vers lui et le traverser sans l’ébranler. Un petit sourire lui échappa. Le sang de Maryk était suffisamment démoniaque pour que quelques gouttes suffisent à le rendre invulnérable à la magie de Sangaruk. Le Chasseur dégaina alors la grande épée attachée dans son dos. Il l’avait retrouvée la veille au château de Veer sur les indications d’Aniya. La Tueuse de Démon. Dans son dos, les six sorcières faisaient toujours cercle autour de la silhouette inanimée d’Elyandra, vision qu’il s’efforçait d’occulter. Son seul espoir, vaincre Sangaruk et sceller de son sang le Portail.
Le combat dura longtemps. Sangaruk comme Mano étaient recouverts de sang. Le Chasseur sentait de temps en temps un afflux d’énergie en provenance du Cercle des sorcières. A tour de rôle, chacune d’entre elles abandonnait Elyandra pour le soutenir. Mais cela semblait insuffisant. Il se sentait à bout de force. N’importe quel démon de bas-étage avait une endurance bien supérieure à celle d’un humain. Et Sangaruk n’était pas un démon inférieur.
« Comprends-tu que ta rébellion était vaine, Chasseur ? triompha-t-il en lui assénant un coup si violent que Mano fut projeté en arrière, un peu sonné.

Il se redressa en titubant, voyant avec anxiété le démon s’avancer vers lui, son horrible faux prête à s’abattre sur lui.
- Tant qu’il me restera un souffle de vie, je m’opposerai à toi !
- Mais il te restera un souffle de vie tant que je le déciderai, Chasseur. Tu risques de payer longtemps cette trahison !

- Erreur ! C’est moi qui déciderai de son sort, Sangaruk, comme prévu. »