Elros accepta donc de sortir Winona de l’ombre. Il profita d’une réception dans le dirigeable pour la révéler. Emporté par le mouvement de la foule, des invités, il n’eut pas même à justifier sa présence. Celle-ci se fondit naturellement au milieu de l’assemblée avec cette grâce qu’il lui avait enseignée. Elle parlait avec les mots qu’il lui avait appris à prononcer. Les attitudes qu’il avait su lui faire composer.
Elle dansait.
Depuis le début de la soirée elle n’avait cessé de danser. Accaparée par le Vicomte Ankor des Vents Changeants qui lui retenait valse sur valse, quadrille sur quadrille.

Il avait crée une reine. Et il ne pouvait que la regarder s’éloigner. Dans tous les yeux des hommes qui la sollicitaient. La désiraient. Se félicitaient de sa douceur. De sa beauté.
Et à chaque caresse qu’on lui donnait, chaque sourire qu’elle leur offrait. C’était Elros qui se déchirait.

Mais que valait-il face à la lumière de ce monde dont elle avait tant rêvé ? Celui de la terre du haut. Il n’était rien. Elle se laissait porter par les pas du Vicomte. Blottie entre ses bras. Elle lui échappait. Elle l’oubliait, ingrate, à chaque pas de plus qu’elle faisait.
Il ne souhaita plus qu’une chose. Les séparer. Aveugler Ankor pour qu’il ne puisse plus jamais poser l’œil sur elle. L’arracher. L’emmener. Il serrait les poings. Blessé.
