Le son de cor résonna soudain dans la forêt. Le roi approchait.
Les sorcières tombèrent à genoux devant leur souverain tandis qu’Elyandra s’avançait, la tête haute. Elle fit une petite révérence sans le quitter des yeux.

« De Roney n’avait pas complètement perdu la tête, dirait-on ! Contrairement à moi. Comment est-ce possible ? Comment un démon a-t-il pu m’ensorceler sans que personne ne s’en rende compte ?
- Parce que vous et vos ancêtres avez progressivement cessé de faire confiance aux sorcières qui se tenaient à vos côté pour vous protéger de cette engeance. Vous les avez chassées de la cour, jaloux de leur pouvoir, vous les avez pourchassées. Le Cercle des sorcières a disparu dans la clandestinité, veillant dans l’Ombre. Mais impuissant à vous aider. Le démon a tué ma mère pour s’emparer de moi, une sorcière puissante mais malléable puisqu’ignorant tout de la magie. Sans le courage du Chasseur pour combattre ce monstre et sans l’aide du Cercle qui l’a désenvoûté, Alxia serait plongée dans les ténèbres, envahie par les démons.
- C’est un fait, demoiselle de Veer. De Roney m’a tout raconté. J’ai assisté à la scène, depuis la colline là-bas. Je vais donc promulguer une nouvelle loi. Les sorcières seront désormais protégées dans le royaume d’Alxia et un représentant du Cercle sera mon second conseiller privé. Acceptez-vous cette charge, en tant que grande Mage d’Alxia ?

- Je ne crois pas, votre Majesté. Malgré mon rang je ne suis qu’une novice. Et telle n’est pas mon ambition. Ni le rôle qui me convient. Le Cercle vous enverra l’une d’entre nous le plus vite possible. »
Le roi hocha la tête, observant le Chasseur inconscient.
« Occupez-vous de Roney. Nous reparlerons plus tard ! »
La jeune femme perdit immédiatement toute assurance et tomba à genoux auprès de son fiancé.
- Il n’est pas grièvement blessé… murmura Aniya, rassurante. Regardez, il ouvre les yeux. »
Le Chasseur croisa le regard d’Elyandra et sourit, rassuré de la retrouver indemne.

« Je te demande pardon, Mano. murmura-t-elle. Ces paroles infâmes… Ce n’était pas moi qui contrôlais mon corps…
- Dès qu’Aniya m’a raconté toute l’histoire, je n’ai plus douté de toi. Je t’aime et je serais mort juste après toi si j’avais réussi à te tuer… »
Il se redressa tant bien que mal, soutenu par Maryk. Puis il tendit la main vers sa bien-aimée. « Veux-tu toujours m’épouser, Elyandra ?
- Plus que jamais ! »
Elle se jeta dans ses bras et l’embrassa avec fougue. Le roi sourit. « Les noces seront célébrées dès demain au château. Le comté de Louvain sera mon cadeau de mariage.
