
Il avait alors bloqué net la main qui s'était levée pour le frapper. Les yeux de Morgane s'étaient mis à briller et Coriolan avait cru y déceler des larmes. Mais il n'avait pas eu le temps de ressentir des remords car l'arrivée de Daphné avait provoqué une bienheureuse diversion.
Morgane s'était mordu les lèvres, comme sur le point de dire quelque chose mais s'était ravisée et avait laissé le couple en tête-à-tête.
Coriolan avait éprouvé un inexplicable malaise à cette fuite qui ne ressemblait guère aux manières sans détour de la jeune femme. Elle lui avait semblé cacher un secret, trop lourd pour elle, beaucoup trop lourd pour ne s'apparenter qu'à une lassitude de couple. Se pouvait-il qu'il se soit trompé sur ses intentions de rupture ? Sur ses motivations ? Refusant d'y penser davantage, il avait chassé Morgane de son esprit.

Pour l'heure, il n'avait ressenti que l'irrépressible besoin de goûter à la paix retrouvée. Et à un peu de chaleur. Il avait attiré à lui sa maîtresse qui le regardait d'un petit air contrit.
- J'espère que je ne vous ai pas dérangés ?
Coriolan n'avait pas répondu, se contentant de lui sourire, de glisser une mèche folle derrière son oreille, d'emprisonner délicatement son visage entre ses paumes.

- J'ai besoin d'un sourire doux et tendre...
Daphné s'était exécutée en lui offrant son plus ravissant sourire.
Il l'avait serrée dans ses bras et avait niché son visage dans ses cheveux, taraudé par l'envie de chasser ses invités pour se retrouver enfin seule avec elle. Une toute dernière fois.