
Cassandre interrompit cette description par un éclat de rire joyeux et se retourna pour se retrouver nez-à-nez avec lui.
- C'est trop tard Coriolan Galen, tu n'arriveras pas à me dégoûter...
Il sourit en silence en effleurant sa tempe d'un baiser – c'était le seul moyen qu'il avait trouvé pour se dérober à l'intensité de son regard. Mais la peau de Cassandre était traîtresse à distiller ainsi la tiédeur et le parfum de son corps. Si bien qu'avant même l'avoir voulu, la phrase fatidique lui échappa et qu'il s'entendit lui murmurer « Je t'aime » en resserrant son étreinte. Il ne se doutait pas que cela viendrait de cette manière bouleversante et sincère. Son coeur battait la chamade et il se sentait aussi gauche et emprunté qu'un adolescent lors de son premier rendez-vous.
Il releva un peu la tête, inquiet de sa réaction à elle. Cassie restait pétrifiée, un sourire béat peint sur ses lèvres... et il se rendit compte avec horreur que ce sourire était sûrement l'exacte réplique de celui qu'il lui offrait en retour. Il ne lui manquait plus que les mains moites pour compléter ce tableau cauchemardesque. Enfin, presque. Car comme il la pressait d'un timide « Cassie ? » pour la faire réagir, la statue de sel reprit vie, et avec la vie la parole.
- Bordel à queue de dieux orgiaq...

La fin se perdit dans le souffle de Coriolan.
Quand enfin, après un long moment, Coriolan défit le baillon de son baiser, Cassie trouva encore la force de murmurer:
- Maintenant, je peux mourir...