Ils attendirent Max Baron pendant trois jours, alternant des périodes où ils parlaient à bâtons rompus de livres et de musique, et d’autres où ils restaient plongés dans un silence de plomb, rongés par l’angoisse. Le matin du troisième jour, Marie se réveilla frissonnante en voyant son compagnon debout. Prêt à partir.
« Nous ne pouvons pas attendre davantage Marie. Tu le sais. »
Elle sentit une larme rouler sur sa joue mais elle savait au fond d’elle qu’il avait raison.

Les instructions accompagnant les papiers de Marie étaient brèves : ils devaient retrouver à Paris « oncle Jacques » qui les aiderait à gagner Londres. Leurs faux-papiers étaient au même nom, et la jeune fille pensa que son père avait sans doute prévu leur fuite depuis bien longtemps.