Eklablog Tous les blogs
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

10

Les « frère et sœur » Louise et Jean-Baptiste Barnier se mirent en route pour la capitale. Il était dix heures lorsqu’ils atteignirent la gare de Roanne. «J.B.» comme elle l’appelait, attendit sur un banc pendant qu’elle se chargeait de l’achat des billets. Tandis qu’elle rangeait sa monnaie, elle observa la foule autour d’elle et se rendit compte que régnait une certaine agitation. Des soldats de la Wehrmacht se regroupaient un peu partout, sans vraiment prêter attention à ce qui se passait autour d’eux. Quelqu’un l’attrapa soudain par l’épaule pour la faire pivoter.
« Marie ? C’est bien toi ?
- Philippe ? balbutia l’adolescente, anxieuse de reconnaître son soupirant maintes fois éconduit.
Le jeune homme au visage mal rasé se pencha vers elle, un sourire un peu malsain aux lèvres.
- Que fais-tu là, Marie ? Sais-tu ce qui s’est passé au village ? Forcément, puisque tu cherches à t’enfuir…»
Elle recula d’un pas. Le mur du guichet heurta son dos.
 
« Je n’étais pas au village, Philippe, murmura-t-elle, avec anxiété. Dis-moi…
- Ton père s’est suicidé juste avant l’arrivée des miliciens. Tu es seule, maintenant Marie. À moins que… Ferais-tu aussi partie d’un de ces réseaux ?»
Il cracha le dernier mot avec tant de mépris que la jeune fille l’aurait giflé si son cerveau n’avait pas été anesthésié par ses premières paroles.
«Papa… Papa est mort…
- Et le père Bernard et Pierre Matthieu aussi. Ils ont été pendus après avoir dénoncé ton père. Mais maintenant que je te tiens, tu ne feras plus la fine bouche avec moi, n’est-ce pas ?»
Il l’attrapa par le bras et elle se dégagea d’un geste sec.
«Si tu hurles, Marie Baron, je te dénonce aux membres de la milice qui patrouillent là bas.»

Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article