La mort dans l’âme, elle se laissa entraîner derrière les bâtiments de la gare, sans remarquer Samuel qui les suivait à distance. Philippe ne se rendit compte de rien, trop occupé à déboutonner le corsage de sa victime tout en lui susurrant des horreurs à l’oreille.
En quelques instants, ils parvinrent sur un terrain vague. Il la jeta contre un talus, se vautrant sur elle et tentant de retrousser sa robe.

Etouffée de sanglots, Marie se débattait désespérément, écrasée sous le poids de la brute quand Philippe s’effondra sur elle comme un poids mort. Le corps fut soulevé et projeté sur le côté. Samuel, les traits crispés par la colère, lâcha le couteau ensanglanté qu’il tenait à la main pour tomber à genoux à côté d’elle.
«Tu n’as rien ?»
Sans pouvoir prononcer un mot, elle s’effondra dans ses bras, pleurant toutes les larmes de son corps. Il la berça contre lui quelques minutes avant de la secouer doucement.
«Viens Marie… Viens… On ne peut rester ici… Si on nous trouve là, ç’en est fini de nous… Reprends-toi…»